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Tous en Indonésie!

Mardi 22 avril 2008 2 22 /04 /Avr /2008 06:23
A Solo, il y a des petits garçons:


 Et à Solo, il y a des petites filles:


A Solo, il y a des petits garçons qui embètent les petites filles:


Mais à Solo comme partout dans le monde, les petits garçons finissent toujours par passer pour des couillons...



Et ça, ça fait bien rigoler les petites filles:



Par Emilie & Hervé - Publié dans : Tous en Indonésie!
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Dimanche 2 septembre 2007 7 02 /09 /Sep /2007 05:19

Les Mentawaïs sont sur la liste des peuples autochtones (autrefois appelé peuples indigènes) menacés de disparition.

On qualifie de peuples autochtones des populations qui ont conservé des caractéristiques sociales, culturelles, économiques et politiques se distinguant nettement de celles des autres groupes qui composent les populations nationales. 

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La culture Mentawaïs est qualifiée de néolithique (âge de pierre). Tous leurs outils ont été importés par les marchands.
Les peuples autochtones comptent quelque 350 millions d’individus dans plus de 70 pays du monde et représentent plus de 5 000 langues et cultures, soit une place significative dans le paysage culturel planétaire. Ils incarnent une vision globale du monde et de l'humain qui reste intimement liée à la nature.
Au cours du dernier siècle, le monde a perdu environ 600 langues. De plus, environ 2500 langues sont en danger de disparition immédiate et un nombre encore plus important sont entrain de perdre leurs “contextes écologiques” qui en font des langues vivantes. Au rythme actuel, 90 pourcent des langues disparaitront au cours du vingt et unième siècle, dont la plupart sont parlées par des populations autochtones et traditionnelles. Ces langues, et leurs connaissances écologiques associées, disparaissent de plus en plus vite du fait de l’expansion des marchés mondiaux, de la communication et d’autres aspects de la mondialisation qui tendent à promouvoir des langues dominantes au détriment des langues locales.
Lorsqu’on analyse la distribution mondiale des populations autochtones, on constate une forte corrélation entre les zones à forte diversité biologique et à forte diversité culturelle. Parmi les neuf pays qui représentent 60% des langues parlées du monde, 6 ont également une faune et une flore exceptionnelle qui n’existent que dans ces endroits.
Il est clair que la diversité biologique ne peut être sauvegardée sans diversité culturelle et que la sécurité alimentaire et médicinale à long terme dépend de la survie de cette relation complexe. Ces peuples sont les gardiens des derniers espaces naturels de notre planète et de sa diversité biologique.
«Les systèmes de savoirs autochtones représentent une ressource inestimable et irremplaçable et une composante essentielle du développement durable». M. Koïchiro Matsuura, Directeur général de l’UNESCO.
La relation des populations autochtones avec leurs terres a été érodée au cours des siècles du fait de la dépossession ou des départs forcés de leurs terres traditionnelles et de leurs sites sacrés. A l’échelle mondiale, les droits fonciers, ainsi que l’exploitation des ressources naturelles représentent toujours des problèmes clefs pour les populations autochtones. 
Depuis l’Epoque Moderne, les peuples autochtones ont connu des agressions de voisins dominants ou de colons remettant en question leur intégrité territoriale, sociale et culturelle. Aujourd’hui, les phénomènes d’acculturation remettent toujours en question les pratiques traditionnelles de ces sociétés.
Les Mentawaïs n’échappent pas à ces menaces.
Après l’indépendance, le gouvernement indonésien a décidé de « civiliser » Siberut. En 1954, les missionnaires les obligent à choisir en 3 mois entre le Christianisme et l'Islam. On brule les objets de culte des shamans ainsi que leur tatouage, on leur rase la tête (symbole du pouvoir du medicine man). 
Dans cette logique d’assimilation, on force les populations à se regrouper dans des "villages décents" et à se vêtir à l’occidental.
Ils sont attirés par des promesses vides concernant l’accès à une éducation "gratuite" pour leurs enfants, l’accès à des soins médicaux, des vêtements, et une église de leur "choix". La tentation est forte et de nombreux clans ont abandonné leur uma où ils vivaient tous sous un même toit, pour s’installer dans de petites maisons individuelles pour chaque famille. De nos jours, le gouvernement est devenu un peu plus tolérant, mais rares sont les groupes vivant encore de manière traditionnelle. Ces derniers sont dénigrés par les habitants des villages gouvernementaux. En visite au port de Siberut lors de notre départ, même le shaman a remis des vêtements à l’occidental par peur du regard des autres.
Ces villages gouvernementaux reflètent l’échec même de la modernisation. Les Mentawaïs qui ont été relogés ne profitent d’aucun des avantages de la vie urbaine, et déjà, pâtissent de nombre de ses effets néfastes. Pris dans un système sur lequel ils n’ont aucun contrôle, ils ont été contraints à un mode de vie dans lequel ils ne peuvent s’épanouir.
Les sociétés d'exploitation forestières et leurs concessions dans l’île sont aussi une menace latente. La déforestation accélère l'érosion des sols pendant la saison des pluies. De la même manière, les arbres de grandes valeurs recherchées par les marchands, comme le rotin, représentaient une source d’argent facile pour les tribus. Mais le prix de ce bois a beaucoup chuté, on en coupe donc beaucoup moins. En 1994, Siberut est classé par national, une lueur d’espoir pour les Mentawaïs.
Dans la décennie 90, le mouvement international des peuples autochtones s’est considérablement renforcé.
Ce mouvement vise essentiellement à étudier et à sensibiliser au double défi que ces peuples lancent à l'ordre mondial: d'une part, l'obligation de leur donner, en respectant leurs identités et leurs modes de vie, leur juste place au sein de l'humanité et d'autre part, la nécessité de s'inspirer de la richesse de leurs cultures et de leurs valeurs pour permettre aux hommes de vivre en bonnes relations entre eux et avec la nature au moment où il devient urgent que cet ordre mondial se réorganise sur des bases radicalement différentes.
Dans cette dynamique, des associations se sont mobilisées. Native Planet créé par J.P. Soule se consacre à aider les peuples indigènes à s’autonomiser et à préserver leur culture, à défendre leurs droits en tant qu’êtres humains et à leur donner le choix de décider quels aspects du monde moderne ils sont désireux d’embrasser ou préfèrent ignorer.
Le tourisme non régulé a aussi des effets dévastateurs. Certains dénoncent l'impact négatif des médias sur les peuples autochtones via l'ethno tourisme. Ils craignent une folklorisation de leur culture, dont les éléments sont éminemment spirituels, et donc sacrés.
«La culture n’est pas une marchandise touristique».
En ligne de mire, l’émission d’Endémol («Rendez-vous en terre inconnue») qui devait au départ être une émission de télé réalité. Et si elle fait polémique en France, c’est aussi le cas dans la jungle. Le tournage représente une manne financière exceptionnelle pour la tribu hôte. Ceci ne manque pas d’éveiller la jalousie des voisins.
Quant aux méthodes employées, elles sont discutables : 200 porteurs, 60 bateaux, générateurs électriques…
Notre départ coïncidait avec l’arrivée d’une autre équipe de tournage. Pour l’occasion, on leur a demandé de construire dans l’urgence une seconde uma, un abri cuisine, un abri toilette et une infirmerie… Pour ce faire, ils embauchent des ouvriers des villages gouvernementaux voisins pour jouer de la tronçonneuse dans la jungle: légèrement moins traditionnelle que d’habitude; mais le tout financé par la société de production.
Impossible de juger. Eux-seuls peuvent choisir ce qu’ils acceptent de notre société. Cette nouvelle maison pourrait servir de petite guesthouse pour les touristes de passage et leur rendre la maîtrise du tourisme sur leur île, laissé jusque-là aux guides venus de Sumatra.
Et quel est l’impact de notre passage? Trois occidentaux, les bras chargés de sucre et de cigarettes. Il n’en reste certainement rien, car les Mentawaïs vivent au jour le jour. Mais les antibiotiques donnés aux enfants malades ont-ils offensé les détenteurs de la médecine traditionnelle?
Salomon, le plus vieux des shamans, nous racontait une anecdote assez révélatrice sur leurs relations avec la civilisation. Une équipe de tournage japonaise l’a un jour invité en remerciement à passer trois semaines au Japon. Il nous raconte avec rire et émerveillement la neige, les différentes épaisseurs de vêtement, les manèges et les sushis… Mais avec les siens, il n’en parle pas. Ce n’est pas une bonne histoire. Comment imaginer voitures et gratte ciel lorsqu’on n’en a jamais vu?
Comme dans la culture Mentawaïs, tout est question d’équilibre : un équilibre entre la connaissance et la mise en lumière de ces cultures et modes de vie et le respect de leur quotidien…
Lire aussi : La nouvelle question indigène. Peuples autochtones et ordre mondial. Jean Claude Fritz
Par Emilie & Hervé - Publié dans : Tous en Indonésie!
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Dimanche 2 septembre 2007 7 02 /09 /Sep /2007 02:47

Autant dire qu'ils ne sont pas des milliards à s'être intéressés à ces tribus fascinantes, on peut donc circonscrire rapidement la littérature à leur sujet.

Toute l'expérience Mentawais est peuplée de hollandais:

Reimar SCHEFOLD

Anthropologiste germano-hollandais specialiste des Mentawais.

Charles LINDSAY

Photographe hollandais.
a écrit Mentawai Shaman: Keeper of the Rain forest avec Reimer Schefold en 1992.
Il expose son travail sur son site Internet www.charleslindsay.com


Jigs SNEEMAN

Hollandais venu étudier la musique à Sibeirut. Les lettres écrites à sa petite amie qui expliquaient ses difficultés d'adaptation ont été publiées (en hollandais). Il est mort au bout de 5 mois de la malaria et est enterré au port de Sibeirut.

Glenn REEVES

Anthropologiste canadien qui a vécu 1 an à Madobak et s'est concentré sur l'étude des villages gouvernementaux. Il a exposé son travail sur son site: www.mentawai.org.

 

Marc MAILLARD

A publié sur Internet son travail sur les hommes fleurs.


Olivier LELIEVRE


Ethnographe, réalisateur et photographe. Il a écrit: "Indonésie: Mentawaï la forêt des esprits".
Il a publi quelques photos sur son site.

Jean Philippe SOULE

Français fondateur de Native Planet
Il a également été le guide de l'émission "Rendez-vous en terre inconnue" chez les hommes fleurs de Sibeirut, pas mal faite du tout.
6 mois passés avec un shaman changent sa vie. Il quite son boulot chez Microsoft et consacre sa vie à mettre un coup de projecteur sur les minorités ethniques menacées.


Regis COLOMBO


Photographe suisse il a publié sur Internet son travail sur les hommes fleurs

Bonne lecture... Après ça, vous passez dans la catégorie, spécialiste!

   
Par Emilie & Hervé - Publié dans : Tous en Indonésie!
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Samedi 1 septembre 2007 6 01 /09 /Sep /2007 04:09
Jusqu'à leur premier contact avec des européens vers 1620, les Mentawais se situent au centre du monde. Un monde avec l'océan et ses îles, divisé en trois cosmos:
- L'Au-Delà (Esprit du ciel),
- Le monde humain (Esprit de la forêt),
- et le monde du dessous (esprit de l'intérieur).
Avec 3 mondes d'esprits, vous aurez compris que ces tribus sont animistes. Chaque humain, animal, végétal ou objet a une âme propre. 
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L’âme et le corps sont séparés et vivent de manière indépendante. La nuit, l'âme va se promener, mais parfois un peu trop loin et peut rencontrer des âmes à fort bajou (démons).
Les enfants sont élevés sans grande contrainte car il ne faut pas trop forcer les âmes à faire des choses qu'elles ne veulent pas. Elles risqueraient de partir. Et donc l’enfant de mourir…
Le shaman (kerei) est un guérisseur et un intermédiaire avec les esprits (signagere). Il est responsable de l’harmonie avec la nature. Les Mentawais croient en l’équilibre et la connexion entre l’Homme et la nature. Le kerei est le médiateur de cette relation.
Les Mentawais croient en l'harmonie entre les peuples, la nature et les esprits. La perte de l'équilibre est une perpétuelle menace et la cause des maladies…et de la mort.
Car seuls les shamans peuvent avoir accès à l’autre monde pendant la vie réelle.
Autrefois, les morts étaient brulés dans un canoë. De nos jours, ils sont enterrés dans la forêt mais l'endroit est tabou.
On prend les empreintes du défunt et les graves sur une planche de la Uma comme on accrocherait une photo (Takep). La mort d’un père précipite l’initiation d’un jeune shaman.

Ces croyances se traduisent dans la vie de tous les jours:
-         On demande la permission aux esprits de la forêt avant de couper un arbre.
-         On bénit un animal avant de le sacrifier.
Mais surtout, chaque évènement de la vie courante fait l'objet d'une cérémonie propre à contenter les esprits.

Lors de notre arrivée, deux jeunes enfants étaient sévèrement malades. Les trois shamans du clan se sont ainsi réunis pour une cérémonie de guérison. 
Les maladies peuvent être le fruit d’émanations surnaturelles, de magie noire ou de violation de tabous.
Ils chantent tout en agitant des clochettes. Les enfants sont bénis avec des plantes magiques. On touche la tête de chaque personne de la maison avec une plume de la queue d’un coq vivant. Entre temps un cochon est ligoté et emmailloté dans un panier de feuilles.
Ils appellent les âmes des malades qui sont partis trop loin et se sont certainement perdues, ont rencontré des esprits malins, ou pire, sont partis avec les ancêtres. Il faut qu'elles reviennent pour les guérir. 

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On jette ensuite dehors la mixture d'herbes et des braises afin d'éloigner les mauvais esprits qui auraient pu être attirés par les chants.
Viens le tour du cochon. Une fois béni, il est égorgé dans l'entrée de la uma. On récupère le sang et les entrailles. 
  

Le cochon est en fait utilisé comme messager auprès du monde de l'au-delà (de la même manière que les plantes magiques). Le shaman lit dans ses entrailles pour s'assurer que le message est bien passé.
De la même manière qu'on s'assure que l'âme de l'animal qu'on vient de sacrifier n'est pas mécontente, et qu'elle comprend l'objet du sacrifice.  
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Outre les maladies, la construction ou la réparation d'une Uma font aussi l'objet d'importantes cérémonies.
Notre séjour coïncidait avec d’importants travaux de réparation dans la Uma. Des planches sont remplacées par des neuves. Il faut donc que l’esprit du bois neuf rentre en communication avec celui du bois vieux, afin de remplir son nouvel usage de planche.
Pour l’occasion, chacun a revêtu ses habits de gala. Nous nous parons en homme fleur: collier de perles jaunes, rouges et vertes; fleurs rouges dans les cheveux, résine noire sur le visage, palmier de feuille sur la tête.
Les shamans bénissent la maison. Ils en font plusieurs fois le tour avec des fétiches puis les accrochent sous le porche et dans le panier de la cuisine.
Les incantations sont rythmées par des tambours à peau de python chauffées près du feu pour le tendre. 

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On tue un cochon et une poule. Les shamans se ruent avec force clochettes et torches en feu de la cuisine à l’entrée pour chasser les mauvais esprits.
Ils dansent au son des tam tams et casseroles en tapant du pied jusqu'à tomber en transe. 
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Comme Astérix, tout termine par un banquet. Chaque famille dine dans un coin. On dirait un réveillon de Noël. Le repas gargantuesque dure pendant deux jours. La nourriture est minutieusement conservée dans des tubes de bambou.
Dans la soirée, tout à coup la mère rentre en transe. Le shaman la fait tourner dans une sorte de danse. Elle incante avec une voix qui n’est déjà plus la sienne. Son âme vient de rentrer en contact avec celles des ancêtres, l’esprit des morts (Ukkui). Personne ne semble étonné. La communication avec les esprits des ancêtres est monnaie courante…et est plutôt de bonne augure pour la nouvelle Uma.
Difficile à avaler pour nos esprits cartésiens! Pourtant l’intensité du moment nous laisse tétanisés, appareils photos et caméra de côté pour partager ce moment d’intimité. Il faut simplement faire attention à ce qu'elle ne se fasse pas mal. Elle tombe d’épuisement ¾ d’heure plus tard et se réveille le lendemain comme si de rien n’était.
La culture Mentawais est une culture d’équilibre, d’harmonie et de paix. Sa confrontation avec notre moderne lui laisse–t-elle une chance de survie ?

 
Par Emilie & Hervé - Publié dans : Tous en Indonésie!
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Lundi 20 août 2007 1 20 /08 /Août /2007 06:07

Pour apprendre le Mentawai, pas de méthode Assimil!

Seuls quelques anthropologues et visiteurs ont consigné des traductions de bahasa indonesia à Mentawai, grâce aux enfants ou anciens qui ont appris le bahasa à l'école dans les villages gouvernementaux. La tâche est rendue encore plus difficile par l'absence de tradition écrite.

Il s'agit d'une langue austronésienne. La zone d'influence austronésienne va de Taiwan et Hawaï à la Nouvelle Zélande puis de Madagascar à l'île de Paque. Avec une telle diversité, pas étonnant que le Mentawai n'ait rien avoir avec l'Indonésien.

Et quand on essaie de mettre un mot sur une chose, ils ne sont pas tous d'accord sur le nom à donner, en particulier pour les les noms de lieu. Ce qui facilite grandement les choses...

Voici une petite liste des indispensables:

  • Alowita -> Bonjour
  • Masura bagata -> Merci
  • Mananam -> délicieux
  • Tilé! -> Merde! (Zut! Flute! Crotte!)
  • Malut Lut -> Fait gaffe! Ca glisse!
  • Laita -> Poisson
  • Mita! -> On y va!
  • Maeru -> Bien, beau
  • Ube -> Cigarette
  • Chima Chégué -> Bonjour (le matin)
  • Ta -> Non
  • Wo Ho -> Oui
  • Kewah -> Have a good trip, take care, God bless you. Aucun équivalent en français.
  • Bat -> Affluent d'une rivière
  • Pom Pom -> moteur de bateau
  • Sigeita -> chien
  • Moussi -> Chat
  • Tatoga -> enfants
  • Saba -> Pythons
  • Allépa -> J'ai fini
Par Emilie & Hervé - Publié dans : Tous en Indonésie!
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Dimanche 19 août 2007 7 19 /08 /Août /2007 06:10

La "Uma" désigne la longue maison (longhouse) commune des Mentawaïs mais aussi le clan qu'elle abrite. C'est là qu'habite la famille élargie aux fils mariés, à leur femme et enfants. 

Lorsque une des filles se marie, elle doit quitter la Uma familiale pour aller s'installer dans celle de la famille du mari. Alors certaines hésitent et prennent leur temps afin de ne pas quitter leur clan. C'est le cas de Lily et Kakouille qui préférent l'atmosphère de leur Uma plutôt qu'aucune autre.

La Uma est généralement construite pour une durée de 40 ans, dans un bois tropical particuliérement résistant.  Sur pilotis, on y accède par une allée de troncs. Les cochons et volailles errent en toute liberté sous et autour de la maison. Les coqs chantent, les cochons fouillent le sol en grognant et les bébés crient. Une belle cacophonie qui laisse peu de place à l'intimité.

La décoration est assez sommaire, car les Mentawaïs ne sont pas de grands artistes. Les crânes des animaux sacrifiés et les trophés de chasse (crânes de singes et cerfs) sont suspendus au dessus des entrées et du feu. Les animaux domestiques sont tournés vers l'intérieur de la Uma, les animaux sauvages vers l'exterieur. Ces trophés font le prestige du clan. On peut juger depuis quand ils sont là, à la pellicule de poussière qui les recouvre. Les crânes sont sensés abriter les esprits des animaux chassés.

Au fin fond de la jungle, il fallait un mode de communication infaillable pour annoncer les nouvelles majeures aux voisins: décès, mariage, naissance, cérémonie. Des troncs creux servent de téléphone à la Uma: ils sont généralement accrochés au plafond, mais ici, ils ont choisi de les placer à l'extérieur sous le proche d'entrée.

La Uma se compose de 3 pièces successives:

- Le porche: L'entrée est ouverte sur les côtés et bordées de bancs. Ce fut notre chambre à coucher. On y reçoit les invités, discute, boit le thé, se relaxe...

- La pièce centrale avec son feu permanent au milieu où l'eau bout. Il suffit de déplier sa moustiquaire pour passer en mode chambre à coucher. C'est ici que se déroulent les cérémonies. Le sol du milieu est prévu à cet effet. Losqu'on danse, les tapements de pieds résonnent contre une latte de bois transversale. Sur les cotés, les planches peuvent être retirées à tout moment pour une envie urgente des enfants ou attraper un cochon par exemple. 

On y prend les repas. Les familles se regroupent dans les coins.

- La cuisine. Derniére des 3 pièces successives, avec une porte de sortie sur la jungle, c'est le repère des femmes. On y cuit le sago.

C'est aussi de là que partent les cérémonies de purification. Les shamans chantent au son de leurs clochettes et déboulent dans la pièce centrale en chassant les mauvais esprits au passage (bajou).

Car, comme les hommes et les animaux, les choses ont des esprits, et la Uma plus que tout autre. Il faut donc en prendre soin et la protéger des mauvais esprits.

La Uma a un totem, le Jaraik. Il s'agit d'une pièce de bois accrochée en haut de la porte qui mène vers la cuisine. La plupart ont été racheté par des anthropologistes.

Côté grigri, un grand panier avec des offrandes et des feuilles est accroché au plafond de la cuisine et à l'entrée sous le proche. Ce sont les deux amulettes les plus importantes de la Uma.

En plus de la Uma, les couples ont aussi une maison de champs, le Sapou, où ils élèvent leurs poules et cochons. Le sapou se compose généralement d'un porche et d'une seule pièce avec un âtre. Ils y vivent plus ou moins longtemps suivant le besoin d'intimité. Et avec les héritages de mariage, les champs et maisons peuvent être plus ou moins loin de la Uma.

Sur les murs, la mémoire des morts (Takep): Lors d'un décés, on prend les empruntes des mains et des pieds du défunt. Puis on dessine des disques ou demi cercles pour compter le nombre de lunes de deuil. Mais avec le temps, ils perdent un peu le fil. Le temps au fin fond de la jungle est plus que relatif. Si des horloges offertes par des touristes mais arrêtées depuis des lustres faute de piles trônent encore dans la Uma, personne ne sait exactement quel âge il a, quel jour nous sommes et quelle heure il est. Pour quoi faire?...

Le porche d'entrée est le théâtre d'interminable palâbres. Il n'y a pas de tradition écrite, donc tout repose sur la transmission orale. Mais surtout, la Uma n'a pas de chef (même si les shamans jouissent d'un statut privilégié), elle fonctionne sur le principe de l'unanimité. Donc toute décision ou dispute fait l'objet de discussions sans fin. L'histoire est reprise du début à chaque nouvelle arrivée. Et chacun de donner son avis.

La Uma se sépare quand il y a une dispute ou quand la maison devient trop petite pour accueillir tout le clan.

Les membres du clan se doivent mutuelle assistance. Le principe communautaire s'applique de façon trés stricte, en particulier sur le partage minutieux de la nourriture. Manger seul est considéré comme pervers.

Par Emilie & Hervé - Publié dans : Tous en Indonésie!
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Mercredi 15 août 2007 3 15 /08 /Août /2007 09:48

Le sago (sagou en francais) est l'aliment de base des Mentawais. Ils utilisent la chair du tronc qu'ils reduisent en farine et le cuisent sous forme de batonnets.

Le sagoutier est un arbre de la famille des palmiers. Ils poussent en groupe comme les bananiers donc pas besoin d'en replanter. Il y a toujours des jeunes pousses autour des gros troncs. Les groupes d'arbres à sago sont appelés "mata" (yeux). Et meme en pleine jungle les matas ont leur proprietaire.

On plante un sagoutier uniquement lorsqu'on veut créer un nouveau mata.

Le sagoutier pousse dans les marais sur les terres fertiles arrosées par des filets d'eau.

Il faut 10 ans pour qu'un arbre devienne adulte. Un arbre peut produire jusqu'à 500kg de fleur sèche. Il ne faut que 5 jours pour realiser le procede entier de fabrication. Un gros arbre peut nourrir une Uma (une vingtaine de personnes) pendant 2 mois. Le ratio temps de travail / quantite de nourriture est imbattable.

Tout le monde se nourrit de l'arbre: les cochons, les poules et les hommes. Même les chiens ont pris l'habitude d'en manger mais sans grand entrain. De toutes façons, on ne leur donne que ça... On utilise son tronc pour faire des torches, des plats et des valises, ses feuilles pour les batonnets de sago, les toits...Le sago, c'est comme le cochon, tout est bon!

Etape 1: Couper l'arbre

Sasali dégage d'abord la zone de chute. Il rafraichit le tronc a la machette puis le coupe a la hache.

Il calcule l'angle de chute avant de donner le coup de grace.

Une fois tombé, le tronc est débite en rondins qu'on peut soit:

- le donner aux cochons,

- le conserver dans la rivière un peu comme un radeau,

- commencer la préparation de la fleur de sago,

- laisser le tronc fendu et attendre que les vers s'y attaquent. Les vers apparaissent au bout d'un mois, sont recoltes et apprecies pour leurs protéines.

Etape 2: Le rapage

Si l'écorce est assez dure, l'intérieur ressemble un peu à du polystyrène. Les Mentawais s'assoient a deux de part et d'autres du rondin de bois, et rapent en cadence a l'aide d'une rape faite d'un bois epineux.

Etape 3: L'usine à sago

Une fois rape, le sago est apporte a "l'usine a sago". Elle est organisée dans un marécage artificiel.

Elle est composee de 3 niveaux:

- En haut, un grand bac ou l'on depose la fleur de sago. On la lave à grandes eaux puis la piétine.

- Au milieu, une rigole qui entraine la poudre lavee et tamisee.

- En bas, un canot recupere le tout et sert de bassin de decantation. La fleur sedimente dans le fond du canot. Il ne reste plus qu'a vider pour la recuperer.

 

La farine est ensuite recoltee dans de gros tubes en bambous ou dans des paniers. Ils les tapent les uns contre les autres pour enlever l'eau. Le tout seche tout seul.

Etape 4: Tamisage

On tamise la fleur generalement juste avant de preparer des batonnets de sago, par petit tas. Les tamis en bois tresses affine la farine et enleve les grumeaux. 

On obtient une sorte de fécule alimentaire.

Etape 5: Tressage

Les feuilles recuperees sur l'arbre servent a l'emballage pour la cuisson. On les tresse pour former des batonnets. Il faut deux feuilles pour effectuer le tressage. Une grande et une petite qui sert d'attache. Il faut avoir le coup de main.

Puis on fait cuire les batonnets à une bonne hauteur du feu. Pret a deguster!

Les batonnets sont deposes par terre aux pieds des invites. Il suffit de les decortiquer en enlevant la feuille grillee. Tres facile a emmener en picnic.

Cote gout, ca ressemble a une sorte de pain caoutchouteux un peu amer. Pas vraiment mauvais mais toute la journee et tous les jours, c'est tres vite lassant.

Un variante consiste a rajouter de la noix de coco rapee a la farine. Bien meilleur!

Voir aussi: Itineraire: 2 semaines a Sumatra

Par Emilie & Hervé - Publié dans : Tous en Indonésie!
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Vendredi 3 août 2007 5 03 /08 /Août /2007 09:07

Depuis juin dernier, toutes les compagnies aériennes indonésiennes ont été ajoutées à la liste noire, Garuda y compris. Pour des raisons de sécurité, elles sont toutes interdites de vol en Europe, ce qui ne les gênent pas trop vu qu'elles n'y volaient pas. En revanche, les tours opérateurs qui programment l'Indonésie doivent dument informer les touristes et proposer des alternatives de transport. Un vrai casse-tête quand on en vient à Lombok, Sumatra, Yogyakarta, Toraja... Pas sûr que remettre en fonction la ligne nautique Bali/Lombok soit une meilleure idée que les petits coucous de Merpati.

Après les attentats et les catastrophes naturelles, cette sanction pourrait porter le coup de grâce à un pays de plus en plus déserté par les touristes et pourtant terriblement magnifique.

Il est vrai que Garuda n'a jamais impressionné personne et que Le crash de mars 2007 n'a pas aidé. Quant à Adam Air et Lyon Air (notre plus grosse peur aérienne) nous avons juré "jamais plus jamais".

Pour info, AirAsia (Indonésia) est aussi dans le lot. J'en entends déjà me conseiller le bus!

Par Emilie & Hervé - Publié dans : Tous en Indonésie!
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Jeudi 2 août 2007 4 02 /08 /Août /2007 06:44

Sibeirut est une île non volcanique située à 100km au large de la côte Ouest de Sumatra. L'archipel Mentawai compte environ 50 îles dont les 4 plus grandes sont:Sibeirut, Sipora, North et South Pagai. Ce sont les seules à être habitées.

Sibeirut est la plus grande d'entre elles avec environ 4 480km² sur une surface totale de 7 000km² pour l'archipel.

Avec 20 000 habitants, la densité est de 5 habitants par km². Elle est restée stable à cause des épidémies successives qui ont sévi sur l'île.

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Mercredi 1 août 2007 3 01 /08 /Août /2007 09:05

JOUR 1: Bangkok/Kuala Lumpur

Dernier vol Air Asia du soir pour Kuala Lumpur. Impossible d'enchaîner directement Bangkok/Padang en Low Cost.

Inutile d'aller en centre-ville pour quelques heures de sommeil (il faut une bonne 1h30 de transport pour relier l'aéroport avec KL Central).

On a opté pour le Concorde Inn à deux pas de l'aéroport International (Attention donc, tout de même à 20 min de KLCC, terminal Low Cost). Rien de plus près à priori.

Taxi familial KLCC/Concorde Inn: 75 Ringgits

Chambre standard du Concorde Inn réservée à 45 USD sur Internet. Hôtel correct sans plus à l'allure d'un terminal d'aéroport.

JOUR 2: KL/Padang/Sibeirut

Lever aux aurores pour attraper le vol AirAsia pour Padang.

Dans l'autre sens, taxi familial à 50 RM. Allez comprendre...

Atterissage dans le nouvel aéroport de Padang dont les fissures témoignent du récent tremblement de terre. Il semble déjà trop petit pour les flots de touristes malais qui viennent faire du shopping à Sumatra et qui s'entassent devant les guichets à visa. D'ailleurs, à peine quelques surfeurs qui se rendent probablement au même endroit que nous. Il faut dire que la destination phare des backpackers a été désertée depuis la crise de 97 et les multiples catastrophes naturelles (tsunami, tremblement de terre...).

25 USD le visa de touristes pour nos deux semaines. (Prévoir des USD à l'arrivée).

Notre taxi driver nous apprend que le bateau vers Sibeirut ne part plus du port de Padang mais de plus loin sur la côte, près de Bungus. Tant mieux, car le Carlos Losmen sur la plage est parfait pour attendre le départ de Ambu-Ambu ce soir à 20h00.

Samedi après-midi familial sur la plage de Carlos entre poulets, noix de coco, poissons grillés et enfants qui barbotent. Ancré en face de nous, un yacht tenu par un australien qui escorte les surfeurs sur les vagues de Sibeirut. A 300 USD/jour/personne, ce sont des professionnels à grand renfort de sponsors. Sibeirut est un des spots de surf les plus prisés de la planète, surtout réputé pour la constance de ses vagues tout au long de l'année.

20h00: Embarquement sur Ambu-Ambu. Le bateau est tout neuf (selon les standards indonésiens) et n'opère que depuis 5 mois. C'est plutôt une bonne surprise de voir ce gros bon ferry, en plutôt bon état, pour affronter une mer réputée capricieuse.

Toutes les cabines sont déjà réservées mais nous réussissons à nous dégoter des matelas dans l'espace VIP.

66 000Rps/pers pour l'espace VIP

30 000Rps/pers par matelas

Choc des cultures sur le pont: Un groupe de gamins entament la conversation et nous demandent notre religion comme on demande sa nationalité. Incompréhension totale quand on annonce que nous n'en avons pas. La question sera reposée plusieurs fois dans la soirée pour bien s'assurer que nous sommes bien perdus spirituellement... Comment ne peut-on croire en rien? Eux, sont catholiques, ils viennent de l'île de Nias plus au Nord qui a été convertie par les missionnaires.

Sur le pont, Chérudi, un des pontes du port de Sibeirut à la belle époque et propriétaire de la guesthouse du même nom, nous raconte qu'une équipe de tournage française est venue l'an dernier avec 16 bateaux, 10 générateurs et 200 porteurs. Aucun doute, il s'agissait du tournage de "Rendez-vous en terre inconnue". Une autre équipe de tournage arrive après-nous (dans le même village), on croise même les premiers groupes électrogènes qui remontent la rivière sur la route du retour.

Pour info, les tours organisés au départ de Bukittinggi proposent 10 jours à Sibeirut pour 250 USD/personne. Toujours très bon marché mais de plus en plus rare. Un des guides nous raconte qu'il ne vient plus que 1 fois tous les deux ou 3 mois avec de petits groupes. Aujourd'hui 3 personnes seulement, alors qu'il y a 10 ans le business était florissant. Et un peu l'usine aussi...

JOUR 3: Arrivée à Sibeirut

4h du matin: appel à la prière un peu irréel en pleine mer.

7h du matin: arrivée à Sibeirut après 10h de traversée.

Notre arrivée est fêtée par sublime lever de soleil salué par les dauphins et baleines. (On n'en demandait pas temps!)

L'embarcadère est un peu éloigné du village mais des dizaines de motos nous attendent. Mes deux acolytes ont des gabarits un peu disproportionnés pour les petites montures et leur chauffeur.

Dès que nous sommes à l'abri dans la guesthouse sommaire de Cherudi, des pluies torrentielles s'abbatent sur nous et nous suivront jusqu'au soir. Ici, près de l'équateur, la saison sèche signifie simplement qu'il ne pleut pas en permanence (Normalement...).

On adapte nos tenues et sacs aux nouvelles conditions: sortie de nos chaussures d'escalade prévues pour la marche dans la boue et des sacs étanches pour le matériel photo.

C'est l'heure des courses avant le grand départ. Riz, nouilles instannées et maquereau à la tomate (en cas de grosse fringale), sucre, piles et surtout cigarettes, la seule vraie monnaie des Mentawais.

On charterise un bateau pour remonter la rivière. Avec toit...ce qui représente un grand luxe vu le grain qu'on se prend!

A Rodok (premier village gouvernemental), on engage un porteur pour transporter nos provisions. Au bout de 20 min, il faut se rendre à l'évidence. Je ne rallierais jamais notre objectif avec mon sac qui non seulement ralentit mon pas déjà difficile dans la boue (parfois jusqu'au genou), mais surtout me déséquilibre sur les rondins de bois qu'il faut emprunter pour traverser les rivières (d'ailleurs, même sans sac c'est un calvaire... Je me découvre le vertige). Le porteur se trouve rapidement un collègue pour mon sac.

Pas de doute, la réalité est à la hauteur de la description: 80% de boue et 20% de passage de rivière à gué. Style opération commando.

3h de marche jusqu'à Madobak. Il va falloir mettre un coup de collier car on n'y sera jamais avant la nuit! Puis 30 minutes vers Ugai et la dernière heure pour rejoindre Butui.

Arrivée sur une allée de rondins pour un premier dîner de taro coco et premiers sticks de sago dans l'Uma avec toute la famille.

Première nuit sous notre moustiquaire avec les poules et cochons (un peu raide pour le dos...).

 

JOURS 4 à 10: BUITUI (Sibeirut)

Je consigne tous les jours nos découvertes naturalo-ethnologiques dans mon petit carnet. Mais, mon récit est souvent interrompu par l'engouement que représente mon stylo.

Quant aux livres... Mike Horn et Harry Potter ont aussi trouvé la cébrité chez les petits Mentawais.

Notre arrivée (avec nos quelques vivres) a considérablement améliorer le quotidien: riz, sucre et cigarettes, c'est la fête! Ici, on vit au jour le jour, donc on consomme tout jusqu'à l'excès. Sucre au thé qui écarte tout danger d'hypoglycémie. Nuage de fumée permanent dans la Uma. Et nouveau plat de riz au nouilles qui ferait pâlir Mr Atkins.

Côté alimentation: Une fois passée l'étape de découverte du sago, on s'en écoeure trés rapidement. Pour changer, quelques fougères bouillies et très salées qui ne sont pas mauvaises avec du riz. Les feuilles de tapioca constituent une autre alternative. Mais, il faut qu'elles soient bien cuites car les nervures contiennent de l'alcaline très toxique.

La viande est réservée pour les jours de fête. Mais comme nous assistons à de nombreuses cérémonies, plusieurs cochons sont sacrifiés. Malheureusement, pas de boudin, saucisse et jambon fumé. Tout est coupé en petits morceaux. Quand je dis, tout c'est tout! Puis ils sont cuits dans le sang du cochon. On donne la meilleure part aux invités: le foie qui baigne dans son sang... Dans la pénombre difficile de distinguer les bouts mangeables. Les oreilles sont laissées aux enfants qui s'en régalent. Déjà ça en moins...

Dans l'après-midi du 7ème jour, premier moment de ras le bol alimentaire: on tape dans notre stock de survie. Les pâtes instantanées et le macro à la tomate sont un réel festin.

Ils passent beaucoup de temps à ne rien faire. Palabrer constitue l'activité principale. Chaque décision se prend à l'unanimité du clan donc ça prend du temps. Ils se couchent relativement tard, toujours à discuter autour de la lampe à huile, et se lèvent à l'aube au sens propre du terme.

Et quand ils se mettent au travail, on comprend vite d'où vient leur carrure d'athlètes.

Quant à nous, on observe, on participe, on marche...:

- Trekking jusqu'à Ugai pour faire le plein de cigarettes

- Balade vers un de leurs champs pour couper du bambou. Les tubes sont utilisés pour cuire, fumer et conserver les aliments.

- Balade à une magnifique cascade ou la force de l'eau a creusé une baignoire naturelle.

- Suivi de la fabrication du sago.

- Préparation et déroulement des cérémonies: une de guérison pour deux enfants malades puis 2 jours de fêtes pour les réparations de la maison.

On attrape les cochons et les poules au lasso.

- Essai des arcs et flèches empoisonnées qu'ils utilisent pour chasser. Incroyablement durs à bander.

- Pêche de nuit à la crevette dans la rivière. Les femmes, filet et flambeau à la main, sont d'un esthétisme rare sous une pluie d'étoiles. On doit être dans l'une des dernières zones noires de la planète.

Elles utilisent l'écorce du sago pour leur torche. Ce bois imprégné d'une huile brule très lentement et répend une subtile odeur.

Il est très difficile de voir les petits yeux rouges des crevettes même avec nos lampes. On évite de peu deux serpents, dont une vipère très vénéneuse, dans la rivière.

- Visite au champ de taro des femmes à une bonne heure de marche de la Uma. Le champ est protégé des animaux par des barrières naturelles d'arbres et de bananiers. L'exploitation du taro est une activité exclusivement féminine. La récolte ressemble à celle des patates. Elles repartent avec des paniers tissés remplis. Et les 50kg sur le dos ne les ralentissent à peine.

Les champs de taro sont tout près des grandes rivières car ils ont besoin de beaucoup d'eau. Ils passent de clan en clan par le jeu des héritages.

Après deux jours de cérémonie, on prend le chemin du retour. départ On rejoint Ugai puis Madobak à pied. On charterise une pirogue à Madobak. Le niveau de la rivière est bas et il faut souvent pousser pour avancer. Il nous faut 4h de trajet pour atteindre le port.

Une fois de retour chez Cherudi, notre ami rencontre une de ses vieilles connaissances. Après les Salamalecum d'usage, il se demande pourquoi nous ne sommes pas dans le bateau retour. Nous le croyons à 20h. Il est parti à 17h00! Et pas de liaison avant 3 jours au moins. Qu'à cela ne tienne nous sautons dans sa pirogue qui a un gros moteur. Passer la barre de l'océan ressemble plus à une opération sous-marin. Mais, il abandonne à mi chemin: trop loin! De toutes façons, ils n'ont pas le droit de prendre des gens en mer. Allez!? Tu crois vraiment? Pour des touristes?! Coup de fil à un de ses amis à l'intérieur. Le ferry s'immobilise au loin. On remet les gaz. Sauf que les gros ferries n'ont jamais été prévus pour se faire aborder par des pirogues. On manque de s'écraser contre la coque à chaque vague. On jette les sacs puis il faut nous hisser sur 2 bons mètres de différence de niveau. Mes genous bleux en témoignent encore. Nous pourrons ajouter dans notre CV: abordage commando d'un ferry en pleine mer. Arrivée triomphale dans le bateau et dégustation de notre première depuis une semaine...

Les marins nous dégottent même une cabine (qu'ils louent pour leur compte). Le grand luxe! Le bateau arrive vers les 3h du matin. Heureusement, personne ne frappe à notre cabine et on nous laisse dormir dans l'oubli général. 7h30, on sort tout frais de notre cabine sous le regard surpris et amusé des marins.

Au restaurant près de l'embarcadère, la nouvelle de notre arrivée se répand assez vite car une négotiateur ne tarde pas arriver pour nous proposer une voiture. On se met d'accord sur 275 000RPs jusqu'à Bukittinggi.

Sur la route, arrêt obligatoire au resto de saté le plus réputé du coin: Syukur. Déjà plein à 11h. Saté de biquette servi avec un curry au tapioca (Lontong) le tout arrosé d'un jus d'avocat. Le pied!

Retour à la civilisation et après-midi décrassage.

Au final, pas de gros bobos: boutons de moustiques, sandflies et autres...Ongles infectés. Epines dans les doigts.

D'ailleurs, s'ils ont tous des épingles à nourrice accrochées à leur collier, il y a une raison. C'est pour s'enlever les épines. J'en ai fais les frais. 4 à 5 épines dans le doigt qu'une des soeurs m'évacue rapidement en me charcutant gaiement le bout du doigt.

JOURS 11 à 13: Bukkittinggi

Une belle boucle d'une journée en voiture qui nous mène:

-  dans la Harau Valley:

Stop à l'ECHO Home stay caffe. En droit idyllique au milieu des rizières et des falaises. Ils proposent des chambres à 300 000 RPs. Très jolis bungalows décorés avec gout. On peut faire du trekking ou du VTT dans la vallée.

Contacter Adek: +62 (0) 752 7750 306

- sur la route, sublimes maisons traditionnelles (Pagaryung et Balimbing).

- sur la route de Batu, préparation du Sanjai à base de tapioca:

Les racines de tapioca sont réduites en poudre. Mélangé avec du colorant rose et de l'eau, la pâte est pétrie puis mise à sécher dans un four. La boule est enfin rapée en fines lamelles puis mises à sécher au soleil. Elles sont vendues ainsi. A la maison, on les fait frire pour obtenir des crackers.

- Déjeuner au restaurant (très couru) Pondok Flora à Batusangkar

- Vieille mosquée en bois et lac Sudut Sumpur.

- Village de tissage à Panda Sikal.

 

Au départ de Bukittinggi, on rejoint à pied le village des artisans de l'argent en traversant le canyon. De retour sous  une pluis battante, nous sommes abrités par une famille qui habite la canyon.

 

JOURS 14 à 17: Lac de Manijau

Il faut 1h pour rejoindre Maninjau en taxi et 150 000 RPs. Et la route est magnifique, Arrêt au view point avant de descendre dans le cratère.

On élit domicile chez Lili's guesthouse au bord du lac et au milieu des rizières. Si le service est plus que nonchalant, la cuisine est délicieuse. 40 000 Rps la nuit.

On se régale de 3 jours à moto à travers des paysages somptueux.

D'abord autour du lac: dans un sens et dans l'autre à différents moments de la journée pour la lumière des photos. La route a été totalement refaite. C'est un pur régal. Comptez 3h à moto pour en faire le tour tranquillement.

La pisciculture est l'industrie majeure et ce, depuis assez recemment. Beaucoup de belles maisons aussi construites par des gens du coin revenus de leur exil après avoir travaillé ailleurs.

Il y a aussi de jolies boucles à faire dans les rizières sur les hauteurs en prenant des chemins perpendiculaires à la route du lac.

Le soir, montée au View point pour le sun set, mais on n'est pas très chanceux avec les nuages.

Au village de Maninjau, un bon resto sur pilotis à recommander: Zalindo. Tenu par un ancien guide, dit le porc épic, on y sert un très bon poisson.

La baignade dans le lac est très agréable et l'eau est très claire.

Au lieu de prendre la route de Bukittinggi, on se trompe de route pour une fantastique balade au milieu des rizières. Vu qu'on s'est perdu difficile de dire exactement par où on est passé mais voici quelques noms indicatifs: Puncak Lawang, Palembayang... 

Retour vers Padang avec le minibus Padang Express (50 000Rps par personne).

Nuit à Pasir Jambak chez Uncle Jack. Pratique car pas très loin de l'aéroport (20 min) et sur la plage.

125 000Rps la chambre très clean avec diner et petit déjeuner inclus. Bonne bouffe de table d'hôte même si un peu adaptée aux gouts occidentaux donc pas très épicée.

JOUR 18: Padang/KL/BKK

Qui a dit qu'AirAsia ne savait pas enchainer les vols internationaux?

Bordel monstrueux à Suvarnabhumi depuis la mise en place de la nouvelle procédure d'immigration (caméra).... Retour à la civilisation...

Par Emilie & Hervé - Publié dans : Tous en Indonésie!
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